Actualités

Allemagne : Un médecin pionnier de l’insémination artificielle a utilisé son propre sperme

L’actualité allemande fait écho à la tribune du Professeur Stéphane Viville, qui prédit dans Libération que l’avenir montrera que des directeurs de CECOS ont étés donneurs de sperme (voir nos actualités du 9 avril).

L’allemande Christina Motejl, conçue en 1979, a appris à l’âge de 26 ans qu’elle était née d’un don de sperme. Elle est la fondatrice de l’association allemande de personnes conçues par don “Spenderkinder”. Elle a d’abord attaqué la clinique en justice afin de connaître l’identité de son donneur, mais n’a pas pu obtenir gain de cause au motif que la clinique avait détruit les dossiers.

Elle a finalement découvert via un test ADN récréatif que son géniteur n’était autre que le docteur Thomas Katzorke, directeur d’une clinique d’AMP, celui-là même qu’elle avait affronté devant les tribunaux.

Le médecin, qui avait manifestement un sentiment d’impunité, avait lui aussi fait un test auprès de la même société américaine dans le but d’obtenir des informations médicales, et déclare avoir oublié de cocher la case qui aurait permis que son profil ADN reste confidentiel.

Suite à cette révélation, un membre de l’association allemande des médecins de l’AMP émet le vœu que désormais les médecins attestent n’avoir jamais donné de sperme dans la clinique où ils travaillent.

sources :
https://www.zeit.de/2019/08/kuenstliche-befruchtung-samenspende-kind-eltern-insemination
http://www.taz.de/!5576711/
https://www.waz.de/staedte/essen/wie-ein-essener-frauenarzt-zu-einer-unerwarteten-tochter-kam-id216871373.html

Lancement d’une étude sur les familles issues du don de gamètes

L’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (CECOS du Laboratoire de biologie de la reproduction – Hôpital de la Conception) et le Centre Norbert Elias lancent une grande étude sur les pratiques d’information des enfants dans les familles ayant recouru au don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes). Financée par l’Agence de la Biomédecine, il s’agit de la première étude à l’échelle nationale qui se penche sur la circulation de l’information dans les familles.

L’association PMAnonyme salue cette initiative. Le travail de recherche sur les personnes conçues par don fait en effet cruellement défaut dans notre pays.

Vous avez été conçu(e) par don de gamètes, en France ou à l’étranger ?
Vous êtes parent(s) et avez eu recours à un don de gamètes, en France ou à l’étranger ?
Nous vous encourageons vivement à participer à cette étude !

Pour accéder aux enquêtes : http://fr.ap-hm.fr/…/lancement-grande-etude-information-per…

Accès aux origines et tests ADN : des scandales à venir ?

Libération a publié le 8 avril 2019 une tribune du Professeur Stéphane Viville qui permet de comprendre une partie des réticences des CECOS face aux demandes des personnes conçues par don d’accéder à leurs origines. Il est en effet probable que certains médecins, n’imaginant pas qu’il serait un jour question d’accès aux origines ni de tests ADN, n’ont pas respecté toutes les règles éthiques qui s’imposaient.

Voici trois extraits de cette tribune :

« Le bilan tenu par l’association PMAnonyme montre une intensification de l’activité aboutissant, en une année, à l’identification de 12 donneurs et de 52 «diblings» c’est-à-dire des personnes conçues à partir d’un même donneur, soit des demi-frères ou des demi-sœurs« .

« L’un des embarras, certes des moindres, serait que l’un ou des directeurs de Cecos [centres d’études et de conservation des œufs et du sperme] soient identifiés comme donneurs. Je ne les blâmerais néanmoins pas pour cela. En effet, au début de l’activité et convaincus du bien-fondé de celle-ci, la pénurie de sperme pouvait justifier que les fondateurs des Cecos soient eux-mêmes donneurs. »

« Ces recherches de géniteurs vont inévitablement, comme cela a été le cas dans de nombreux pays (Etats- Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas…), permettre d’identifier des «serial» donneurs. Plusieurs types d’entre eux peuvent exister : des donneurs voyageant intentionnellement d’un Cecos à l’autre ; des gynécologues ; plus grave, et je n’ose l’imaginer, un directeur de Cecos. »

Nouveau sur le site : Questions-réponses

Notre site s’enrichit de nouveaux contenus. Personnes conçues par don ou donneurs/donneuses, découvrez les réponses aux questions concrètes que vous vous posez sur l’accès aux origines et le don de gamètes.

Personnes conçues par don : http://pmanonyme.asso.fr/?page_id=2412

  • A quelles informations sur le donneur puis-je avoir accès ?
  • Combien puis-je avoir de demi-frères et sœurs biologiques ?
  • Quel âge pouvait avoir le donneur ?
  • Etc

Donneurs : http://pmanonyme.asso.fr/?page_id=2412

  • A quelles informations puis-je avoir accès ?
  • Que cherchent les personnes qui demandent de droit d’accès aux origines ?
  • Est-ce que les personnes issues de mon don peuvent me retrouver en faisant un test ADN ?
  • Etc

Nous n’oublions pas les parents ! Un questions-réponses à leur intention est en préparation et sera bientôt disponible sur le site.

Le témoignage d’une Américaine qui retrouve son donneur en faisant un test ADN

L’association PMAnonyme tient une revue de presse d’articles du monde entier qui racontent tous la même histoire : des personnes qui ont été conçues par don de sperme retrouvent le donneur et/ou des demi-frères et sœurs par le biais des tests ADN récréatifs.

Découvrez aujourd’hui le témoignage de Brandi Broxson, une Américaine qui a toujours su qu’elle avait été conçue par don de gamètes, mais qui a éprouvé un jour le besoin d’en savoir plus sur son géniteur, tout en veillant à ménager son père :

“Mes parents ont eu recours à un donneur de sperme pour me concevoir, et aujourd’hui j’ai 9 demi-frères et sœurs”
“Pour la nouvelle année, Brandi Broxson a pris la résolution de faire des choses qui lui faisaient peur, y compris trouver son père biologique. Elle a découvert non seulement qu’elle pouvait être courageuse, mais aussi bien plus.
[…] Pendant mon enfance, le fait que mon père n’était pas mon père biologique n’a jamais été un secret. L’amour que mon papa et ma maman nous portaient, à mon frère et moi, n’était pas secret non plus. Nous étions une famille unie qui partageait ses sentiments. Dustin et moi n’avons jamais été insécurisés et nous n’avons jamais douté de notre place dans cette famille. Nous étions fiers d’être des Broxson. Durant cette enfance, mes parents abordaient le sujet du donneur avec tact et me demandaient si j’avais des questions. Je n’en avais pas beaucoup.

En réalité, je gardais pour moi mes interrogations sur mon père biologique. Sa profession. Est-ce que lui aussi se faisait appeler « Géant Vert » au collège. Ah, l’adolescence. Je me demandais s’il lui arrivait de penser aux enfants qu’il avait contribué à faire naître. Parfois je me demandais comment trouver plus d’informations sur lui. Mais la peur – de faire de la peine à mes parents, de découvrir des choses négatives, et de tout cet inconnu – m’a toujours arrêtée.[…]

Découvrez la suite de ce témoignage dans notre revue de presse : http://pmanonyme.asso.fr/?page_id=5131

Un témoignage simple et touchant, à mille lieues de l’idée fausse selon laquelle les personnes conçues par don qui apprendraient tôt leur mode de conception ne ressentiraient pas le besoin de connaître l’identité du donneur.


A droite, Dustin, le frère de Brandi.
A gauche, le donneur de Brandi et Dustin

On parle de PMAnonyme au Japon

L’édition du 5 avril 2019 du quotidien japonais Sankei Shimbun parle du combat de l’association PMAnonyme en faveur de l’accès aux origines. Au Japon le don de gamètes existe, mais il reste tabou et les personnes conçues par don ne s’expriment pas dans les médias.

Nous remercions la journaliste, Mme Mitsui Ikuma, qui a assisté à la réunion de l’association le 16 mars 2019.

Espagne : l’anonymat absolu et irréversible remis en question

En Espagne, le Comité de Bioéthique rattaché au Ministère de la Santé devra se prononcer avant la fin de l’été sur la question de l’anonymat des personnes nées par Insémination Artificielle avec Donneurs/ses.

Federico de Montalvo, le nouveau président du Comité, s’est exprimé il y a quelques jours dans le journal El Periódico. Il a annoncé que le comité de bioéthique prévoyait de mettre l’accent sur le droit de la procréation assistée, afin de susciter le débat en cours dans de nombreux autres pays sur la question de savoir si les dons de spermatozoïdes et d’ovules devaient rester anonymes ou, au contraire, si l’enfant né de ces techniques avait le droit de connaître son passé biologique.

Selon Federico de Montalvo, « la connaissance du passé est en lien étroit avec le droit à la santé ». Le président a également parlé des donneurs, selon lui majoritairement favorables au maintien de l’anonymat absolu, et s’est dit en recherche d’une « solution intermédiaire », qui pourrait résider dans la communication systématique des antécédents médicaux du donneur ou de la donneuse.

Le rapport du Comité de bioéthique analysera également les raisons pour lesquelles le registre national des donneurs, créé par la loi de 1988, n’a pas été mis en place, et s’interrogera sur une éventuelle limite légale de six naissances par donneur.