Témoignages de donneurs

Denis, 37 ans

J’ai été donneur en 2007, l’année de naissance de mon fils.
Aujourd’hui mon fils a 10 ans, et les enfants qui sont nés suite a ce don – s’il y en a eu – vont avoir l’âge bientôt d’apprendre le ce « détail » de leur conception.
Je suis moi même issu d’une PMA puisque ma mère a reçu un lourd traitement hormonal pour tomber enceinte… ça n’a jamais été un secret. Donc pour ma part, aider des couples qui en avait besoin me semblait tout naturel.
J’ai cependant longtemps réfléchi avant de franchir le pas, puis je me suis dit que quoi qu’il se passe dans l’avenir, aider un couple a avoir un enfant valait la peine de prendre le « risque » que cet enfant cherche à me contacter à l’avenir.
Aujourd’hui je me rends compte que la/les personnes qui sont nées grâce à cela peuvent avoir un besoin vital d’en savoir plus, et que je Peux leur offrir cela.
Et de mon côté, j’aimerais juste savoir si les familles vont bien.

(Témoignage de février 2017)

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Thierry,donneur nous témoigne son soutien

Thierry,donneur nous témoigne son soutien« Par ces quelques lignes, je tiens à vous exprimer mon soutien dans votre combat pour rendre possible aux jeunes adultes, qui ne connaissent pas leur père biologique et qui souhaitent le connaître, d’en savoir plus sur leur filiation biologique. J’ai donné mes gamètes voici une vingtaine d’années et je comprends la motivation de certaines personnes à travers les témoignages que j’ai lus sur ce site. Je ne suis pas opposé à la levée de l’anonymat en ce qui me concerne. J’ai agi pour aider à une naissance. Pourquoi ne pas aller plus loin ? »

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Jean René, 65 ans

Jean René

 

Ma décision de faire un don de sperme a été prise en accord avec mon épouse, à la demande d’un couple ami.

Mon épouse ne partage pas mon souhait d’adhérer et sans doute encore moins de m’engager à accepter la levée de l’anonymat en ce qui me concerne si un enfant est né de ce don.

J’ai beaucoup réfléchi avant de vous joindre. Je pense que si cette personne souhaite avoir accès à l’information sur ses origines je dois assumer mon geste et répondre à cette attente.

Ma conviction est totale mais je suis peiné d’agir en désaccord et à l’insu de mon épouse. Je pense aussi qu’il faudrait que j’en parle à mes deux fils?

La situation me semble d’autant plus compliquée que chez le couple ami un garçon est né qui a aujourd’hui 31 ans et qui ne sait toujours pas qu’il n’est pas le fils biologique de son père.

A force d’attendre le bon moment pour lui dire la vérité ses parents n’ont jamais dit cette vérité. J’en suis sincèrement désolé; d’autant plus que ce garçon ne va pas toujours bien psychologiquement. Ma décision implique quand–même des gens qui ne le souhaitent pas.

Je suis grand–père d’un petit–fils de 2 ans et deux naissances sont attendues en mars et en juillet. Ces naissances rapprochent les générations et je comprends l’éventuel souhait d’un jeune parent de tout connaître de ses origines. Cette nouvelle situation me conforte dans ma détermination.

Je suis convaincu que l’anonymat sera levé un jour. Je ne sais pas quand. J’ai 65 ans et je suis en bonne santé; j’ai des chances de vivre ce jour–là. J’entends m’y préparer.

Comprenez bien que je ne cherche absolument pas à connaître la personne née de ce don. Je fais confiance aux parents qui ont désiré cet enfant et qui l’ont élevé.

Je suis seulement disposé à répondre à une demande si elle se manifeste.

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Bernard, donneur 1983

Bernard donneur 1983

 

Au moment du don, j’avais 35 ans, et deux enfants, j’ai fais ce don sur la proposition d’un chirurgien, a qui j’avais demandé de me faire une vasectomie, petite opération qui consiste a couper les deux mini vaisseaux qui amènent les spermatozoïdes dans le sperme, ensuite, l’homme est stérile. Mon problème était que a chaque relation sexuelle non contrôlée, ma femme et moi avions un enfant, comme nos parents, qui ont eu 7 et 8 enfants.j’ai eu aussi un fils, quand j’étais très jeune, avec une femme plus âgée, je n’ai jamais vu ce fils, j’ai retrouvé sa trace récemment, grâce à internet, il m’a répondu qu’il n’est pas intéressé de connaitre un père qui ne lui a jamais manqué ! J’ai donc décidé d’aider les parents qui ont le problème inverse. Après ce don, je n’ai donc pas eu d’autres enfants. Mes fils ne sont pas au courant, ni du don, ni du fils que j’ai eu avant.On ne m’a rien dit des enfants nés de mes dons, je n’ai pas eu d’examen médical, on m’a demandé si ma famille avait des affections génétique. J’ai toujours pensé que des enfants pourraient demander qui est leur père génétique, mais pas tous ! je ne pense pas souvent à ce don, pour moi, c’est un peu comme le don du sang, ça aide, ou ça donne la vie. cela ne me pose pas de problème,c’est un peu comme au jardin, quand je donne des graines à mon voisin ! par contre, je comprends bien que des enfants cherchent à connaitre leur origine, et qu’ils cherchent à me rencontrer. je ne peux pas dire que je désire les connaitre, mais je peux les rencontrer si cela leur fait plaisir, et les aide à mieux vivre. Je n’ai rien à cacher, donner la vie n’est pas un délit, donc pas un secret !

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Joseph G

Joseph G

 

En 1984, à la naissance de notre fille, un médecin (ami d’enfance de mon épouse) nous a fait part des difficultés rencontrées par de nombreux couples, en attente depuis plusieurs années d’un don de sperme. Il nous a invités à engager en couple auprès du CECOS une démarche de don, désintéressé et anonyme, à des couples en détresse. Cette approche humaniste nous a interpellés, et c’est dans cet esprit que j’ai accepté. Le bonheur apporté par la naissance de notre fille, nous trouvions naturel de permettre à d’autres couples de le vivre. Il ne s’agissait que de produire l’étincelle de vie qui faisait défaut.
Le principe de l’anonymat m’a semblé identique à celui du don de sang. Je n’ai pas imaginé à l’époque, à 29 ans, que des conséquences négatives pourraient affecter les enfants issus de ces dons.
Le livre d’Arthur Kermalvezen, les actions de l’association PMA, et les états généraux de la bioéthique m’ont fait prendre conscience des conséquences psychologiques parfois graves que certains enfants issus de dons pouvaient subir à l’adolescence puis à l’âge adulte.

Je ne regrette pas ma démarche, bien au contraire, et suis tout à fait favorable à la levée de l’anonymat. Je suis persuadé que la loi devra évoluer en ce sens, comme c’est le cas dans de nombreux pays. Une information limpide des anciens et nouveaux donneurs viendra les rassurer quant aux craintes qu’ils pourraient éprouver. Il n’est pas question de reconnaître des enfants, mais tout simplement de les informer sur leurs racines biologiques.
Dès que la loi aura évolué, les nouveaux donneurs devront, au delà de la générosité de leur don, de l’altruisme et du désintéressement, faire preuve de responsabilité vis à vis des enfants devenus adultes qui voudront accéder à leurs origines. Je ne crois pas à une chute du nombre de donneurs dans la mesure où la loi sera cohérente, limpide et protectrice. Les expériences étrangères le prouvent. J’ai toujours eu à cœur de guider mes enfants vers une vie adulte libre et responsable. J’ose espérer que les enfants nés de dons, par le passé ou à l’avenir, n’auront pas à souffrir d’une origine secrète pour cause d’irresponsabilité.
J’approuve et soutiens pleinement l’action de l’association PMA.

PS: le bébé de 1984 est maman depuis bientôt 1 an elle exerce la profession de psychologue–clinicienne dans 2 maternités

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Alain

alain

 

J’avais 31 ans en 1974. J’avais déjà deux enfants.
Le don m’a été proposé à la suite de ma demande de vasectomie.
Le médecin du CECOS m’a dit qu’il projetait une expérimentation sur une centaine de premiers candidats, pour ce qui est de la vasectomie. C’était « donnant– donnant » : je donnais alors mon accord pour donner du sperme anonymement en échange d’une vasectomie gratuite.

Ma motivation : après avoir tout essayé (pilule, diaphragme, stérilet) mon épouse envisageait la ligature des trompes dont le caractère irréversible nous gênait en cas de pépin grave (la mort d’un enfant ?). De plus, ma solidarité avec les mouvements de libération de la femme me poussait à assumer la contraception. La vasectomie avec mise en réserve ou même l’éventuelle anastomose m’a donc paru la bonne solution et je ne le regrette pas du tout. Par la suite, j’ai participé aux groupes « Pas Rôle d’Homme » qui militaient pour la contraception masculine et un ami expérimentait la pilule pour homme.
Mes dons, j’y pense de temps en temps. Je comprendrais fort bien que ceux ou celles qui sont né(e)s grâce à mes dons cherchent à me rencontrer et je l’accepterais volontiers, je ne formule pas de demande mais je crois que cela me ferait plaisir de savoir s’ils me ressemblent un peu et ce qu’ils sont devenus… Ils ont sans doute une trentaine d’années.
C’est suite à une brillante intervention d’Arthur Kermalvezen à la radio, que j’ai contacté l’association PMA. La réponse rapide et chaleureuse que j’ai reçue m’a donné envie d’adhérer car je pense que la loi française doit être modifiée. PMA agit dans ce sens.
Il m’a été proposé d’entrer en relation, par mail, avec deux nouvelles adhérentes nées par IAD, je leur ai donc envoyé un message amical… Leurs réponses ont été très émouvantes, elles m’ont dit les souffrances qu’elles ont éprouvées d’avoir à vivre dans l’ignorance de leurs origines génétiques réelles, en particulier quand la révélation du « secret » a été tardive. Elles n’ont bénéficié d’aucun accompagnement psychologique.
Mes messages peuvent–ils servir à combler un peu ce manque… ? Je ne sais. Ce serait encore mieux si elles pouvaient entrer en relation avec celui qui a réellement aidé leurs parents à les concevoir.

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Nicolas – 38 ans

Nicolas – 38 ans

 

A l’époque je n’avais pas encore d’enfant.

Je n’avais pas conscience des conséquences que mes dons allaient entraîner.

Le bonheur des jeunes parents devant leurs enfants m’avaient souvent marqué et je comprenais que ne pas pouvoir avoir d’enfants devait être une grande souffrance. Avec mes dons j’espérais contribuer à redonner du bonheur à ces familles. Et je ne peux pas le nier non plus , les 200 fr qu’on donnait à l’époque, à chaque don, étaient bienvenus pour l’étudiant de 19 ans plutôt fauché que j’étais. Cette société un peu folle nous a mis dans un sacré pétrin et en même temps, c’est pourtant bien nous qui la faisons, cette société. Ce qui est fait est fait, j’en ai souffert moi aussi, beaucoup. A quel point ? Comment vous décrire ça ? Je pensais : « des êtres humains, mes semblables, des enfants, « mes enfants » je me disais… c’est fou ! ils étaient peut–être quelque part en train de souffrir le martyre à l’idée de n’avoir aucun espoir de rencontrer un jour leur père biologique ; ils sont là quelque part, je ne sais pas où, à souffrir ,et ce sont « mes » enfants , et ils souffrent à cause de moi ! » C’est fou, et pourtant c’est si beau , les enfants . Ce qu’il y a de plus beau. Alors toute la souffrance, toute la misère , toutes les peurs , les questions , les qui suis–je ?, s’évanouissent parce que les enfants c’est la vie, c’est l’amour. Le désir d’un couple infertile qui veut un enfant, c’est de l’amour tout autant, et c’est cet amour aussi qui fait que vous êtes là, et ça non plus on ne peut le nier.

A 22 ans j’ai rencontré une fille qui allait devenir ma compagne pour 7 longues et belles années. Elle avait déjà un enfant de 6 mois. Le désir d’avoir un enfant ensemble est vite venu. Un jour, elle a fait un test de grossesse mais il était négatif. J’étais un peu déçu mais n’avais aucune inquiétude : elle serait un jour enceinte ! Par contre l’importance de son angoisse à elle au sujet de sa fertilité m’a étonné. Puis elle a été enceinte. Un enfant est venu : Jules, mon fils aîné.

Et, je crois bien que c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à avoir des angoisses en repensant aux dons de sperme que j’avais fait 4 années auparavant. Alors un jour, j’ai décidé de retourner au labo où j’avais fait mes dons avec l’intention de leur demander de lever le secret de mon identité. Le laboratoire n’existait plus mais j’ai réussi à retrouver le lieu où était archivé mon dossier. J’ai dis exactement ceci « si un jour un enfant issu de mes dons voulait me retrouver, je veux qu’on ne le lui interdise pas. Je veux que cela soit bien enregistré dans mon dossier». Une aimable personne m’a affirmé que cela serait bien noté dans mon dossier mais je ne savais si je devais la croire.

Quel soulagement quand en écoutant une émission de radio sur France Culture, j’ai appris qu’il existait une association qui milite pour la levée de l’anonymat ! J’ai aussitôt contacté PMA. Il faut que les hommes réfléchissent avant de donner leur sperme. Qu’ils lisent tous ces témoignages d’enfants IAD avant !! Aujourd’hui je fais ce témoignage dans l’espoir que cela puisse amener à faire réfléchir d’éventuels donneurs avant qu’ils ne commettent cet acte et aussi et surtout contribuer à changer la loi et lever l’anonymat.

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Jean Yves 51 Ans

Jean Yves 51 Ans

 

Juste ces quelques lignes pour vous dire que je suis un « inconnu » donneur de l’année 1985.
J’ai fondé une famille de trois enfants, mais j’ai voulu briser certains « Formatages » créés par notre société et quelque part rendre heureux ceux qui à mes yeux étaient malheureux.

Les mots : anonyme et inconnu me gênent beaucoup car ma décision de « donner » fut le fruit d’une grande réflexion, tout simplement donner le bonheur.
A cette époque, j’étais loin de penser que ces enfants souffriraient. Il faut absolument converser et par conséquent éliminer de nos esprits le mot « inconnu ».

Comme l’éthique actuelle de notre société nous impose sa morale qui a pour but de dire comment les êtres doivent se comporter, il est important que les médias soient sensibilisés au fait que les enfants veulent savoir et que les pères ne veulent plus être des donneurs inconnus. Avec le temps, l’éthique actuelle sera modifiée…

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