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Découvrez « Les enfants du secret », un magnifique documentaire

Arte diffusera pendant tout l’été le bouleversant documentaire de Rémi Delescluse, 36 ans, né d’un don de gamètes.

Rémi, sur le point de devenir papa, enquête sur ses origines, interroge ses parents, et rencontre d’autres personnes conçues par don qui militent pour l’accès aux origines, et notamment les membres de l’association PMAnonyme.

Vous verrez dans ce documentaire plusieurs membres de l’association (Alain, Clément, Joseph, Guillaume, Laurent, Magali, Marion, Pauline, Romain et Sophie).

Rémi Delescluse interroge également plusieurs professionnels de la PMA, qui font certaines révélations étonnantes (il est question, notamment, d’une gynécologue qui raconte avoir utilisé le sperme de son conjoint pour procéder à une insémination artificielle avec donneur).

Accès aux origines et hausse du nombre de donneurs : l’exemple du Portugal

Un exemple récent confirme que la fin de l’anonymat irréversible des donneurs et donneuses de gamètes ne provoque pas de chute des dons. Contrairement aux idées reçues, cela peut même favoriser une hausse immédiate du nombre de donneuses et de donneurs. C’est ce qui s’est produit en 2018 et en 2019 au Portugal.

Le 24 avril 2018, un coup de théâtre s’est produit au Portugal : La cour constitutionnelle a déclaré l’anonymat des donneurs de gamètes contraire à la constitution portugaise.

M. Vladimiro Silva, Directeur du laboratoire de la clinique Ferticentro, qui se situe à Coimbra au Portugal, a accepté de répondre à nos questions sur les conséquences de cette évolution juridique soudaine.

M. Silva nous a expliqué que très rapidement après la décision de la cour constitutionnelle, toutes les cliniques portugaises avaient dû contacter les donneurs et les donneuses dont ils avaient des gamètes en stock pour leur demander s’ils ou elles acceptaient de maintenir leurs dons hors anonymat irréversible. Ferticentro a ainsi contacté les 600 donneurs et donneuses dont ils conservaient les gamètes. Et les résultats sont plutôt surprenants : 97% des donneuses et 70% des donneurs ont accepté de maintenir leur don hors anonymat.

Mais plus étonnant encore, alors que les cliniques portugaises craignaient une chute du nombre de donneurs et de donneuses, c’est l’inverse qui s’est produit, selon M. Silva. La clinique Ferticentro a ainsi enregistré une hausse du nombre de donneuses et de donneurs, atteignant actuellement un maximum historique pour la clinique.

M. Silva attribue cette hausse du nombre de donneurs et de donneuses à la médiatisation qui a accompagné la décision de la cour constitutionnelle. Cela démontre une fois de plus l’importance de la communication dans le recrutement des donneurs et des donneuses.

Ainsi, l’accès aux origines peut s’accompagner d’une hausse du nombre de donneurs et de donneuses. Cela est vrai en France aussi. Pour cela, des campagnes de communication ambitieuses sont indispensables. Des progrès doivent également être réalisés dans la prise en charge des donneurs et des donneuses : des témoignages récents de donneurs décrivent des salles d’attentes communes avec les parents, des difficultés pour prendre les rendez-vous, des horaires peu arrangeants, et un manque de tact de certaines équipes (sources : Jérôme Deneubourg, Parcours d’un donneur de gamètes, publié chez l’Harmattan en 2018 / Nabil Wakim – Témoignage dans Le Monde, 31 mai 2019).


Samedi 22 juin – Réunion de l’association

Samedi 22 juin se tenait la journée de réunion de l’association PMAnonyme : groupe de parole le matin, réunion l’après-midi, et repas convivial le soir.

Adultes conçus par don, parents, donneurs et donneuses étaient représentés, permettant de riches échanges. Nous remercions tous les participants et notamment les personnes venues de loin pour l’occasion (Rouen, Reims, Poitiers, Bordeaux, Toulouse, Francfort).

Le thème de la réunion était centré sur la définition des modalités concrètes que nous souhaitons pour l’accès aux origines :

  • Pour les dons déjà effectués, que les donneurs et donneuses puissent s’inscrire sur un Registre Volontaire (RV) ou qu’ils soient interrogés sur demande de la personne conçue par don, et que les parties bénéficient d’un accompagnement facultatif et restent libres des informations qu’elles souhaiteront transmettre et des éventuels moyens de communiquer. Le Registre Volontaire servira également à mettre en relation les demis frères et sœurs génétiques issus d’un même donneur. Pour les personnes conçues en cabinet privé ou dont les dossiers auraient étés perdus, l’utilisation de tests ADN serait possible, comme cela se fait déjà aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
  • Pour l’avenir, que tous les donneurs et donneuses acceptent au moment du don que leur identité puisse être communiquée aux personnes issues de leurs dons. La communication des informations, l’éventuelle mise en relation (si les parties l’accepte) et l’accompagnement seront de la responsabilité de la structure qui gèrera le Registre National du Don (RND). Le Registre Volontaire (RV) servira à la mise en relation des personnes issues d’un même donneur.

PMA: À qui profite l’anonymat? (France Inter, Grand bien vous fasse!)

Jeudi 13 juin 2019, Vincent Brès, Président de PMAnonyme était l’invité de Grand bien vous fasse! sur France Inter pour discuter PMA et anonymat.

Pour écouter l'émission dans son intégralité (51mn), c'est ici sur le site de France Inter: https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-13-juin-2019
Pour écouter l’émission dans son intégralité (51mn), c’est ici sur le site de France Inter.

Dans cette édition de Grand bien vous fasse!, France Inter se penche sur la question de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) et de l’anonymat, et s’interroge sur notre conception moderne de la famille et de la filiation. Pour cela, la productrice Giulia Foïs a reçu deux invités sur son plateau:

  • Vincent Brès, président de l’association PMAnonyme
  • Geneviève Delaisi de Parceval psychanalyste, sociologue spécialiste de bioéthique

Pour écouter l’émission dans son intégralité (51mn), c’est ici sur le site de France Inter. Vous trouverez ci-dessous quelques morceaux choisis et citations clés.

« Levée de l’anonymat » versus « accès aux origines »

Au cours de cette émission, Vincent se félicite du glissement sémantique de la « levée de l’anonymat » vers « l’accès aux origines » dans la bouche même du Premier Ministre et rappelle que l’association ne prône pas la levée de l’anonymat mais bien l’accès aux origines.

Si les deux formules semblent à première vue synonymes, elles s’inscrivent en fait dans deux logiques différentes. La levée de l’anonymat met le donneur au centre en exposant son identité. L’accès aux origines replace l’enfant issu d’un don au centre de la démarche en lui garantissant le droit à lui seul (et non à ses parents) d’accéder à un certain nombre d’informations sur son donneur, un droit qui lui est personnel.

Une quête d’identité, et non de filiation

Parmi les questions abordées lors de l’émission, celle de la différence entre « donneur » et « père biologique » et pour laquelle Vincent Brès insiste : « pour nous qui le vivons dans notre chair, pour toutes les personnes issues d’un don que l’association représente, il n’y a aucune confusion entre « donneur » et « père ». Notre père, c’est vraiment celui qui nous a élevé. Le donneur est une figure, dont on a pour l’instant aucune information, qui ne fait qu’apporter de l’hérédité. » Une hérédité nécessaire à la construction identitaire.

« Pour nous qui le vivons dans notre chair, il n’y a aucune confusion entre « donneur » et « père ». »
Vincent Brès

Le témoignage de Guillaume, né d’un don de sperme, confirme cette position. « J’aimerais savoir à qui je ressemble, explique-t-il. Un père, on en a qu’un seul. On n’est pas en recherche de filiation, mais en quête d’identité, et cette quête passe par l’identification du donneur ».

« On n’est pas en quête de filiation mais d’identité, et cela passe par l’identification du donneur ».
Guillaume, conçu grâce à un don de sperme

En plus du témoignage de Guillaume, la productrice fait intervenir plusieurs auditeurs au cours de l’émission; des parents mais aussi un donneur, Joseph, qui explique qu’il accepterait de révéler son identité aux enfants issus de son don. « J’ai aidé des parents il y a plus de trente ans. Je pense qu’il est de mon devoir d’assumer la suite de ma démarche. Les jeunes nés de mes dons ne paieront pas ma maison de retraite; je n’ai aucun devoir de secours matériel à leur égard. Cependant, je serai là pour répondre à leurs questions–s’ils le veulent, quand ils le veulent–, il s’agit pour moi d’une dette morale.« 

« Il est de mon devoir d’assumer la suite de ma démarche; il s’agit pour moi d’une dette morale. »
Joseph, donneur de sperme

Le « double guichet » créerait une inégalité insupportable

L’option du « double guichet » est l’une des pistes explorées par le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) pour la révision à venir de la loi bioéthique. Une option à laquelle s’oppose fermement PMAnonyme, comme l’a rappelé le président de l’association. Ce « double guichet » offre au donneur, et non à l’enfant devenu majeur, la possibilité de décider si oui ou non il accepte de révéler son identité aux personnes nées de son don.

« Nous sommes vigoureusement opposés à cette option, insiste Vincent Brès. Cela représenterait une rupture d’égalité très profonde et insupportable. » Vincent notera également plus tard dans l’émission que le droit d’accès aux origines n’est pas nécessairement un droit à la rencontre.

Les adultes nés d’un don de gamète ne sont pas les seuls à être infantilisés, note Geneviève Delaisi de Parceval. De son point de vue, le donneur l’est aussi: « Si on le prenait pour quelqu’un de responsable, on lui dirait: « Monsieur vous donnez, mais vous n’êtes pas obligé de le faire. Si vous donnez, sachez que l’enfant né grâce à vous aura, à sa majorité, le droit de connaître votre identité. Il s’agit de responsabiliser tout le monde. Il s’agit de laisser le choix de donner ou de ne pas donner; mais pas de donner sous conditions. »

« Il s’agit de laisser le choix de donner ou de ne pas donner; mais pas de donner sous conditions. »
Geneviève Delaisi de Parceval

Les tests ADN marquent la fin garantie de l’anonymat

La discussion avec la productrice ne manque pas ensuite d’évoluer vers la question de la fin de l’anonymat à l’heure des tests ADN récréatifs (illégaux en France, mais possible à l’étranger). Au sein de l’association, seize donneurs ont été identifiés grâce à des tests ADN, a rappelé Vincent Brès avant d’ajouter: « Ce que l’État nous a enlevé il y a des années, la technologie est en train de nous le rendre. »

Ce que l’État nous a enlevé il y a des années, la technologie est en train de nous le rendre »
Vincent Brès

Pour écouter ou ré-écouter l’émission dans son intégralité (51mn), c’est ici sur le site de France Inter.

Revue de presse: Appel historique lancé par 100 personnes nées de don

Revue de presse: Appel historique lancé par 100 personnes nées de don

Notre Appel historique paru dans Le Monde le 4 juin 2019 a été très largement repris dans les médias. Il s’agissait de la toute première fois qu’autant de personnes conçues par don de gamètes prenaient publiquement position et exprimaient leur souhait de pouvoir accéder à leurs origines.

Le fait que l’Appel ait été si largement repris confirme bien ce que le sondage IFOP publié le même jour démontrait: une véritable évolution de l’opinion publique qui, huit ans après la dernière révision  de la loi bioéthique, se prononce désormais à 75% en faveur de l’accès aux origines pour les personnes conçues par don.

Tour d’horizon des principales mentions de l’Appel dans la presse:

La Croix: 
Mobilisation en faveur de la levée de l’anonymat des dons de gamètes

04 Juin 2019 

EXTRAITS: « Dans une tribune publiée mardi 4 juin dans Le Monde, 100 personnes conçues par PMA avec un don de gamètes, soutenues par 150 personnalités, appellent à lever l’anonymat strict des dons de gamètes. Une revendication portée depuis plusieurs années par la première génération d’enfants, devenus adultes, nés grâce à cette technique médicale.

(…) Cette tribune est diffusée alors que le gouvernement boucle ces jours-ci les derniers arbitrages sur la révision de la loi de bioéthique, qui doit être présentée en juillet au Conseil des ministres. D’après nos informations, trois ministères sont plus particulièrement mobilisés : la santé, la recherche et la justice. « Le texte est en cours de finalisation », confirme une source parlementaire. 

(…) Depuis début 2018, date des états généraux de la bioéthique, le sujet de l’anonymat des dons de gamètes s’est peu à peu imposé dans l’espace public, alors qu’il était encore considéré comme une question périphérique lors de la précédente révision, en 2011. (…) Cette opposition semble aujourd’hui moins forte : lors des auditions menées à l’automne 2018 par l’Assemblée nationale, les mêmes médecins qui s’opposaient à cette mesure en 2011 se sont prononcés pour une évolution de la loi.

L’Obs et France 24, reprises AFP:
Don de sperme: des personnalités demandent la fin de l’anonymat

04 juin 2019

EXTRAITS: « « Nous demandons que désormais l’accès aux origines personnelles soit garanti à tous les enfants conçus par don », écrivent les signataires de ce texte publié par Le Monde, avant la révision de la loi de bioéthique attendue dans les mois qui viennent.

(…) Cette tribune a été initiée par les associations PMAnonyme, qui réunit des personnes nées par PMA avec donneur, et ADFH (Association des familles homoparentales). Parmi les signataires figurent les anciennes ministres Roselyne Bachelot et Dominique Bertinotti, l’écrivaine Annie Ernaux, le psychiatre Serge Hefez, l’historien Pierre Rosanvallon ou encore le député Jean-Louis Touraine, rapporteur de la mission parlementaire chargée de préparer le débat sur la prochaine révision de la loi. 

(…) Le projet de loi de bioéthique, dont le volet le plus sensible est l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules, doit être présenté en Conseil des ministres en juillet, avait indiqué le Premier ministre Édouard Philippe fin avril. »

France Inter, L’Invité du 6h20:
Clément Roussial, né par PMA, « l’anonymat n’a plus de sens »

06 juin 2019

À l’occasion de la parution de l’Appel dans Le Monde, le vice-président de PMAnonyme, Clément Roussial, explique les raisons pour lesquelles il défend la fin de l’anonymat et l’accès aux origines et développe ce que cela veut dire, au quotidien et de manière aussi réelle que concrète, de tout ignorer de son géniteur. 

Il y parle aussi de l’évolution des prises de position au sein de la classe politique depuis 2011; des deux recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme; de la fin de l’anonymat à l’heure des tests ADN récréatifs, et de sa rencontre avec ses deux « demis ».

Il rappelle enfin, qu’ailleurs dans le monde, la levée de l’anonymat a permis d’augmenter le nombre de dons de gamètes.

A écouter ou réécouter directement ici.

France TV: Journal de 20h00
Don de sperme: faut-il lever l’anonymat?

05 juin 2019

Dans ce reportage, Camille nous parle des raisons pour lesquelles elle a cherché à connaitre l’identité de son géniteur,  qu’elle a retrouvé grâce à un test ADN, mais qui est malheureusement décédé.

À regarder ici, à partir de 32’11.

Les Français favorables à l’accès aux origines des personnes issues de don

Selon un sondage IFOP publié le 4 juin 2019, 75 % des Français se disent personnellement favorables à ce que les personnes conçues par don puissent dorénavant accéder à l’identité du donneur.

Nous nous réjouissons qu’une très large majorité des Français soit désormais favorable à l’accès aux origines des personnes conçues par don.

La France est manifestement prête pour une évolution de la loi dans ce domaine.

Nous remercions l’association ADFH (Associations Des Familles Homoparentales) qui a fait réaliser ce sondage.

Appel historique lancé par 100 personnes nées de don

Aujourd’hui est paru dans Le Monde l’appel historique de 100 personnes conçues par don réunies par PMAnonyme, soutenues par des parents, des donneurs et donneuses, ainsi que 150 personnalités.

C’est la première fois qu’autant de personnes conçues par don osent s’exprimer publiquement pour demander qu’on leur donne le droit d’accéder à leurs origines personnelles.

Nous tenons à exprimer nos profonds remerciements à tous les soutiens de cet appel.

Lien vers l’article du Monde : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/04/l-acces-aux-origines-personnelles-doit-etre-garanti-a-tous-les-enfants-concus-par-don_5471119_3232.html

  • Pour lire le texte de l’appel :
texte-tribune-juin-2019

  • Pour accéder à la liste des signataires :
Liste-signataires-appel-juin-2019

Pmanonyme dans La Dépêche : le témoignage de Cassandre

 » […] Avant que les tests génétiques ne fassent éclater des vérités, la législation française évolue : la fin de l’anonymat est en passe d’être votée. C’est ce qui est prévu dans le projet de loi qui doit être présenté en juillet en Conseil des ministres, en même temps que l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.

En attendant cette avancée, PMAnonyme n’a pas fini de recevoir des appels de personnes en quête de leurs origines. Cassandre leur conseille de contacter l’association pour obtenir de l’aide. Grâce à elle, 16 donneurs ont été retrouvés, ainsi que 85 demi-frères et sœurs. Les parents sont également les bienvenus. «Certains parents ne savent pas comment le dire. Les conseils de l’association peuvent les aider à sauter le pas.» […] «