Témoignages

Cécile – 34 ans

J’ai appris à 34 ans mon mode de conception.
J’ai pensé chouette, la clef à toutes mes questions.
La distance de mon père, la tristesse de ma mère.
Le sacrifice par amour d’un mari envers sa chérie,
Au besoin de maternité face à sa stérilité.
L’incompréhension du coût de ma procréation.
L’impossibilité d’une relation entre êtres aimés.
La non gratuité de sentiments forcés.
Mes parents jamais ne l’ont été réellement.
Leur enfant jamais je ne le serai pleinement.
Ce secret les a minés,
Détruis comme ils me l’ont dit.
Ce secret les a abîmés,
Aigris sans doute à jamais.
Seulement me voilà,
Je suis maintenant là.
Toute cette culpabilité qu’ils me font porter,
Ne m’a pas, bien au contraire, empêchée de pousser.
Moi, l’enfant IAD je suis devenue quelqu’un.
Même si il me manque en moi une partie qu’on m’interdit.
Moi, l’enfant IAD j’aimerais qu’on lève le voile sur un,
Celui qui m’a donné la moitié qui me pose question.
Même si c’est un branleur,
Je voudrais l’apprécier à sa juste valeur.
Même si l’anonymat à l’époque était roi,
Qu’il se lève pour moi.
Des tests ADN je fais et ferais,
Pour toi, te retrouver.
23andme, ancestryDNA,family tree,
Si ils peuvent me permettre d’être free.
Moi, l’enfant IAD, la joie que j’ai pu procurer,
Vaut elle ce secret enduré toutes ces années.
Que la vérité soit faite sur notre identité.
Elle n’appartient qu’à nous, c’est sa définition,
Pas aux lois protégeant notre mode de procréation.
Merci à vous tous, qui en ces quelques vers comprenez,
Toute la complexité qui entoure la personne IAD.

——
Date du témoignage : 16 août 2018

Frédéric : Finalement je n’avais pas été jusqu’au bout de mon don

Date : 4 juin 2018
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=Gku8LT34ZUU

Thierry : Le point de vue d’un donneur

Date : 3 mai 2018
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=M5ML1i-hFys

Alexia : Ce n’est pas parce que tu as un donneur que tu n’as pas de père

Date : 24 avril 2018
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=G_UuvCYLvro

Vincent : Ton père n’est pas ton père

Date : 27 mars 2018
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=XcM1sOQzTA4

Yann : Le choix de l’ignorance ou de la découverte

Date : 21 mars 2018
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=x5lkBhU6jA0

Andréa : Il ne faut pas avoir honte de ce que nous sommes

Date : 7 mars 2018
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=4Lit6jRAu-Q

Inès – 26 ans

Je suis née en 1991 en clinique d’un don de sperme provenant du cecos du Kremlin Bicêtre à Paris.

J’ai appris ma conception il y a seulement un an. Face à l’insistance de mes questions, ma mère a fini par me révéler mon mode de conception.

En effet, physiquement je ressemble très peu à ma mère et pas du tout à mon père, et je ne lui ressemble pas non plus en terme de personnalité.

Cette non ressemblance physique m’a travaillé intérieurement pendant toute mon adolescence et jusqu’à il y a un an. J’avais du mal à comprendre comment le mélange de mes deux parents avaient pu aboutir à une personne avec mon physique. Je savais qu’ils avaient eu du mal à m’avoir et m’étais donc déjà demandé si mon père n’était pas quelqu’un d’autre et même si je n’avais pas été adoptée.

La révélation de ma conception a donc éclairé et donné du sens à mon passé: notamment concernant ma relation avec mon père, sa famille et ma belle-mère.

Je suis fille unique et mes parents se sont séparés quand j’étais enfant.

Cependant, se sont immédiatement posées d’autres questions essentielles: qui est le donneur ? Comment est-il ? Quel métier fait-il? Et qu’est-ce qui l’a poussé à faire ce don.

On a dit à mes parents que les donneurs étaient tous des pères de famille (information invérifiable). J’aurai donc des demi-frères et soeurs. Il est également possible et même très probable que j’ai des demis-frères et soeurs comme moi issus d’une PMA avec ce même donneur.

J’ai très rapidement rejoins l’association PMAnonyme qui rassemble des personnes dans la même situation que moi et souhaitent elles aussi accéder à leurs origines. Cela m’a en effet semblé une injustice immense que d’être privée de ces informations sur mon donneur et de devoir vivre avec ces questions sans réponses.

Il me parait inconcevable d’être amputé de la moitié de notre identité génétique et de ne pas avoir accès aux antécédents médicaux du donneur. Sans parler des risques de consanguinité possible… Cela concerne aussi ce que je transmettrai à mes futurs enfants.

Sur le plan médical, il faut aussi savoir qu’il n’y a aucun suivi des enfants nés de dons: mes parents n’ont jamais eu aucun contact du cecos après ma naissance, et de même il n’y a aucun suivi de l’état de santé des donneurs (alors que des maladies graves et héréditaires pourraient s’être déclarées).

Aussi, j’espère que l’accès aux origines sera bientôt possible en France. En attendant j’ai fait un test adn sur Familytreedna qui n’a rien donné pour le moment, et j’attends les résultats d’un autre test sur 23andme.

——
Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressée.
Date du témoignage : 20 janvier 2018