Marcel RUFO

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Marcel RUFO Pédopsychiatre
Marcel RUFO
Pédopsychiatre

« (…) Ainsi, chacun à leur manière, Olivier et Guillaume montrent que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le biologique n’est jamais accessoire puisqu’il représente une origine sur laquelle l’enfant va pouvoir s’ancrer. Ce besoin d’ancrage est tel que les enfants adoptés, la plupart du temps, n’ont de cesse de retrouver leurs parents biologiques, parce qu’ils ont besoin de savoir d’où ils viennent, besoin de connaître la réalité plutôt que de rester dans un fantasme autour d’un insondable mystère qui toujours menace de les engloutir. (…) » (Marcel Rufo dans « Chacun cherche un père », Ed. Livre de poche p 182).

« (…) Guillaume, 19 ans, est un garçon un peu perdu malgré sa réussite scolaire et il développe depuis quelque temps une note dépressive : il doute de lui, de ses capacités, a du mal à se projeter dans l’avenir. (…) Il n’a plus qu’un désir : savoir qui est son père biologique et, surtout, il veut le rencontrer. (…) Quand je revois Guillaume après cette entrevue, il paraît plutôt soulagé. Il le décrit comme un homme sympathique et bienveillant mais, précise-t-il, « il n’y a rien d’affectif entre nous ; mon père, c’est celui qui m’a élevé ». Un peu plus tard, il dit : « Il est vraiment très chauve… », avec un air de satisfaction qu’il a du mal à masquer. Et aussitôt, il ajoute : « Moi aussi, je commence à perdre mes cheveux. » Il paraît rasséréné, presque joyeux. Il a trouvé une ressemblance entre cet inconnu et lui, et cela semble lui suffire. En s’appropriant un trait physique, il repère un point d’identification qui vient prouver sa filiation .Il n’a pas besoin d’autre chose, pas envie de créer un lien à tout prix avec cet homme ; il a déjà un père, il lui manquait seulement son origine. (…) ».

Source : « Chacun cherche un père » de Marcel Rufo, Ed. Livre de poche, pages 178-179).

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