Emmanuel HIRSCH

Emmanuel HIRSCH

Emmanuel HIRSCH Professeur d’éthique médicale, université Paris-Sud
Emmanuel HIRSCH
Professeur d’éthique médicale, université Paris-Sud

En révélant l’identité du donneur, le législateur a estimé d’une part que cela entraînerait une baisse du don de sperme et d’autre part poserait des problèmes juridiques majeurs notamment en terme de droit patrimonial (la loi de bioéthique de 1994, révisée en 2011, ndlr). D’où la rigidité de notre législation alors que certains pensaient qu’elle évoluerait partiellement à cet égard.

Ma position personnelle diffère de celle du législateur car elle insatisfait profondément les premiers directement concernés : les personnes nées à la suite d’un don de gamètes. Elles évoquent un sentiment d’errance et ce manque profond ne serait-ce que d’indices concernant leur filiation, leur identité. Dans les nombreux pays qui ont levé l’anonymat des donneurs, à court terme la baisse des dons est compensée par de nouveaux donneurs plus motivés et plus responsables dans leur acte de solidarité. Il peut être appréciable que les techniques biomédicales permettent à des couples affectés par la stérilité de bénéficier de la possibilité d’avoir ainsi un enfant. Mais à quel prix, en témoignant quel respect à l’enfant et à ses droits fondamentaux ? »

Source : Huffington post 14 juin 2012

http://www.huffingtonpost.fr/2012/06/14/le-don-de-sperme-ou-la-quete-impossible-des-origines_n_1597455.html

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