Ils l’ont dit

Juliette GUIBERT

Juliette GUIBERT

Juliette GUIBERT médecin de la reproduction à l’institut mutualiste Montsouris
Juliette GUIBERT
médecin de la reproduction à l’institut mutualiste Montsouris

« La dissimulation d’une information intime, élément de l’identité de l’individu, et sa détention par un tiers, surtout s’il s’agit de la puissance publique, constitue sans doute une atteinte, voire une violence, faite à l’initimité sur laquelle il importe de s’interroger.Concernant le corps médical, celui-ci doit se demander s’il peut être l’agent de cette détention et cette dissimulation alors qu’il n’est censé agir que dans l’intérêt de son patient, et, de surcroît dans le cas particulier de l’AMP, de l’enfant à naître. Le médecin doit contribuer avant tout à l’épanouissement de la relation de l’individu à son être biologique et le moins qu’on puisse dire est que cet objectif n’est pas atteint lorsque le médecin se fait l’instrument du don de gamètes anonyme »

Source : « Anonymat du don de gamètes protection d’un modèle social ou atteinte aux droits de l’homme ? », journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction (2007), Elsevier Masson.

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0368231507001019

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Anne–Christèle Dzierzek

Anne–Christèle Dzierzek

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Dr Anne–Christèle Dzierzek Anesthésiste

« Je ne connais pas très bien ce combat car j’ai la chance de ne pas y avoir été confrontée personnellement. Néanmoins, en France, pays de liberté par excellence et à l’ère de la transparence et de la traçabilité, il me paraît inconcevable qu’un enfant ne puisse pas avoir le choix d’accéder à l’identité de ses propres géniteurs. J’ai bien compris que le problème majeur de la levée de l’anonymat serait la baisse du nombre de donneur de sperme. Pourtant l’actualité nous le prouve tous les jours, l’information et surtout la façon dont elle est présentée et distillée est capitale pour faire changer les certitudes et les opinions. C’est pourquoi, je soutiens l’association PMA ».

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Luc ROEGIERS

Luc ROEGIERS

Luc ROEGIERS Pédopsychiatre, consultant aux services de gynécologie et d’obstétrique des cliniques Saint-Luc, et chargé de cours à l’unité d’éthique biomédicale de l’Université Catholique de Louvain
Luc ROEGIERS
Pédopsychiatre, consultant aux services de gynécologie et d’obstétrique des cliniques Saint-Luc

« L’enfant a besoin de savoir à qui il doit son départ dans le voyage de la vie ; et tout se passe comme si ses liens d’appartenance tenaient compte du prix payé par ceux qui se sont investis pour l’y entraîner. Un simple don de sperme n’engage pas une dette existentielle colossale pour l’enfant qui en est issu. Les témoignages des adolescents renseignés sur l’identité de leur géniteur vont dans le sens de la curiosité, jamais dans une quête d’affection ou de filiation: « À quoi ressemble-t-il, j’aimerais avoir sa photo, je le contacterai par mail… » Très peu d’enfants du don de gamètes imaginent appeler leur géniteur « mon père » ou « ma mère » sans rajouter « biologique ». Certains, il est vrai, limitent leur investissement pour ne pas blesser le parent stérile, surtout si c’est leur père.

D’autre part et malgré tout, notre évolution culturelle, qu’elle concerne la notion d’identité narrative, le droit aux racines biologiques, ou la simple curiosité de savoir à quoi ressemble son géniteur, attire notre attention sur la nécessité d’envisager les conséquences à long terme de ressources technologiques qui répondent certes à des souffrances, mais introduisent des complexités dans les filiations ».

Source : Don de gamètes : l’enfant a-t-il le droit de savoir

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Muriel FLIS-TREVES

Muriel FLIS-TREVES

muriel flis
Muriel FLIS-TREVES
Psychanalyste. A travaillé dans le service du professeur René Frydman à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart jusqu’en 2011.

« (…) Cette contrainte française de l’anonymat interdit toute recherche sur ses origines. C’est grave car cela efface, en fait, tout un espace psychique de liberté, où sont enfouis nos questionnements sur le mystère de notre naissance, la filiation, la sexualité, l’identité. Ce savoir fragile, indispensable à la réalisation de tout être humain est proscrit par la loi (…) ».

Source : Journal le Monde du 23 juin 2010

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/23/cessons-d-etre-des-fabricants-de-trous-de-memoire_1376646_3232.html

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Marcel RUFO

Marcel RUFO

Marcel RUFO Pédopsychiatre
Marcel RUFO
Pédopsychiatre

« (…) Ainsi, chacun à leur manière, Olivier et Guillaume montrent que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le biologique n’est jamais accessoire puisqu’il représente une origine sur laquelle l’enfant va pouvoir s’ancrer. Ce besoin d’ancrage est tel que les enfants adoptés, la plupart du temps, n’ont de cesse de retrouver leurs parents biologiques, parce qu’ils ont besoin de savoir d’où ils viennent, besoin de connaître la réalité plutôt que de rester dans un fantasme autour d’un insondable mystère qui toujours menace de les engloutir. (…) » (Marcel Rufo dans « Chacun cherche un père », Ed. Livre de poche p 182).

« (…) Guillaume, 19 ans, est un garçon un peu perdu malgré sa réussite scolaire et il développe depuis quelque temps une note dépressive : il doute de lui, de ses capacités, a du mal à se projeter dans l’avenir. (…) Il n’a plus qu’un désir : savoir qui est son père biologique et, surtout, il veut le rencontrer. (…) Quand je revois Guillaume après cette entrevue, il paraît plutôt soulagé. Il le décrit comme un homme sympathique et bienveillant mais, précise-t-il, « il n’y a rien d’affectif entre nous ; mon père, c’est celui qui m’a élevé ». Un peu plus tard, il dit : « Il est vraiment très chauve… », avec un air de satisfaction qu’il a du mal à masquer. Et aussitôt, il ajoute : « Moi aussi, je commence à perdre mes cheveux. » Il paraît rasséréné, presque joyeux. Il a trouvé une ressemblance entre cet inconnu et lui, et cela semble lui suffire. En s’appropriant un trait physique, il repère un point d’identification qui vient prouver sa filiation .Il n’a pas besoin d’autre chose, pas envie de créer un lien à tout prix avec cet homme ; il a déjà un père, il lui manquait seulement son origine. (…) ».

Source : « Chacun cherche un père » de Marcel Rufo, Ed. Livre de poche, pages 178-179).

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Caroline ELIACHEFF

Caroline ELIACHEFF

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Caroline ELIACHEFF
Psychanalyste

« Les intérêts des uns et des autres sont-ils si contradictoires qu’il y paraît ? On conçoit aisément que parents et donneurs à qui la loi a garanti l’anonymat soient majoritaires à ne pas souhaiter de changement. Mais on conçoit également que les futurs donneurs et les futurs parents soient sensibles aux arguments qu’avancent les adultes nés par IAD qui veulent faire évoluer la loi. Dans les pays où l’anonymat du donneur a été levée sans toucher à la stabilité de la filiation, sans lui accorder ni droit ni devoir vis-à-vis de sa progéniture, les donneurs ne se sont pas évanouis dans la nature comme on le craint ici. Ils ont probablement pris conscience de la valeur sociale et de la finalité du don de sperme qui participe au don de vie. Et les parents se sont rendus compte que la reconnaissance de la pluriparentalité ne les fragilisent pas mais qu’en revanche, son effacement garanti par l’anonymat en fragilise plus d’un. Ceux-ci devenus adultes, disent qu’ils ne recherchent pas un père -ils en ont un, stérile certes mais pas impuissant-. Certains d’entre eux – pas tous – souhaitent avoir des informations sur celui à qui ils doivent la vie car pour eux, quoi qu’on prétende pour justifier l’anonymat, filiation génétique et filiation affective ne s’opposent pas mais se complètent ».

Source : Le Huffington Post 20 juin 2012

http://www.huffingtonpost.fr/caroline-eliacheff/ne-sous-x-don-sperme_b_1611277.html

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Elisabeth ROUDINESCO

Elisabeth ROUDINESCO

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Elisabeth ROUDINESCO
Historienne et psychanalyste

« Au nom du “bien de l’enfant”, on pense encore qu’un enfant né d’un don de sperme doit être physiquement semblable à celui qui serait né naturellement. On veut lui cacher son origine biologique. Mais cinquante ans de psychanalyse ont montré que le merveilleux projet de la République que tous les enfants soient égaux et identiques de ce point de vue-là ne marche plus ! Les enfants nés par PMA veulent connaître leur origine, ils veulent la vérité. C’est la fin d’une conception progressiste qui ne l’est plus : et alors ? On va aller vers d’autres progrès sans apocalypse. En Angleterre, on est plus pragmatique. En France, tout est une affaire d’État »

Source :Les inrocks, 26 janvier 2013http://www.lesinrocks.com/2013/01/26/actualite/les-homos-sont-des-nevroses-ordinaires-11345436/

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Geneviève DELAISI de PARSEVAL

Geneviève DELAISI de PARSEVAL

GdP
Geneviève DELAISI de PARSEVAL Psychanalyste et co-auteure du rapport TERRA NOVA sur l’accès à la parenté

« L’expérience de pays comme la Grande-Bretagne ou la Suède, qui ont levé l’anonymat, montrent que d’autres donneurs se présentent, mieux informés, plus réfléchis, et qui assument qu’à la majorité de l’enfant ou vers ses trente ans, quand il deviendra parent, celui-ci pourra demander à les rencontrer. Et pourquoi pas ? C’est un acte généreux, positif, il n’y a aucun droit ni devoir affairant à la paternité ou maternité. Les paillettes de sperme ne sortent pas d’un laboratoire, ni d’une pharmacie. Les ovocytes viennent de femmes qui ont trimé pour ça. Ce n’est pas comme du sperme. Il faut faire une induction d’ovulation (sorte de stimulation – NDLR). Respectons ces femmes. Que tout cela soit transparent, sans réification de personne. Au final, nous avons affaire à des gens qui veulent des enfants, il n’y a selon moi pas de danger. Pensons simplement aux enfants qui veulent savoir de qui ils sont nés. Le danger, c’est le silence et le secret ».

Source : Journal l’Humanité du 28 janvier 2013

http://www.humanite.fr/societe/le-modele-pere-mere-enfant-est-bien-une-constructi-513851

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